Combler l’écart – Stratégies et actions nécessaires pour sécuriser les droits et préserver les forêts – RRI Revue Annuelle 2016

Une décennie, ça fait une grande différence. En 2005, RRI proposait l’objectif de doubler à l’horizon
2015 la surface de terres forestières légalement placées sous propriété ou assignées à des peuples
autochtones et des communautés locales dans les pays en développement. Ce chiffre, qui en 2002 se
situait autour de 21%, a atteint 31% vers la fin de l’année, restant certes en deçà de l’objectif, mais
constituant néanmoins une formidable avancée pour les populations locales. Cela signifie que près de
150 millions d’hectares de forêts ont été replacées sous propriété traditionnelle par voie légale, soit une
surface égale à 4,5 fois le territoire de l’Allemagne. Aujourd’hui, les peuples autochtones et les communautés
locales détiennent des droits de propriété sur près de 500 millions d’hectares de terres forestières dans
les pays en développement.

Il y a dix ans, il s’agissait d’intégrer la question des droits autochtones et communautaires dans les
discussions globales relatives à la conservation des forêts et aux changements climatiques. Fin 2015, cette
bataille avait clairement été remportée. Il reste beaucoup à accomplir, car des millions de personnes au sein
des peuples autochtones et des communautés locales sont encore dépourvues de droits légaux sur la plupart
de leurs terres coutumières, ce qui met en péril leurs moyens de subsistance et la durabilité de centaines de
millions d’hectares de forêts. Mais la garantie des droits fonciers locaux est désormais largement admise
comme condition préalable à toute action relative à la déforestation et aux crises climatiques – comme le
démontrent l’Accord de Paris conclu en 2015 sur les changements climatiques et la Déclaration de New York
sur les forêts en 2014 –, ainsi qu’à toute mesure visant à réduire les conflits et la pauvreté.

2015 était aussi une année importante en raison de deux autres réussites majeures, qui sont toutes deux
le fruit de plusieurs décennies d’efforts de la part des populations locales et de leurs alliés. En premier lieu, un
nombre considérable de pays se trouve désormais dans les étapes initiales d’une réelle mise en œuvre de la
reconnaissance des droits fonciers communautaires à l’échelle nationale. Si ces processus aboutissent, ils
entraîneront la reconnaissance de plus de 100 millions d’hectares boisés supplémentaires et profiteront à plus
de 200 millions de personnes. L’Inde, l’Indonésie, le Pérou, la Colombie et le Liberia font figures de proue.
En deuxième lieu, vers la fin de l’année 2015, les peuples autochtones, les communautés locales et
leurs alliés ont mis en place une plateforme inédite d’institutions, d’initiatives et d’outils visant à stopper
la déforestation et élargir la reconnaissance des droits forestiers communautaires. Le Fonds international
pour la tenure foncière et forestière offre un financement direct aux organisations communautaires pour
qu’elles appliquent les réformes foncières et agissent en faveur de la reconnaissance des droits sur le terrain.
LandMark est devenue la première plateforme globale à présenter des cartes des territoires sous tenure
collective de peuples autochtones et de communautés locales, ce qui rend leurs droits et leurs revendications
visibles aux observateurs externes. Le Groupe Interlaken – un groupe spécial de leaders d’ONG et d’entreprises
– a élaboré des directives pour le plein respect des droits des propriétaires coutumiers par les entreprises,
et s’occupe actuellement de créer des outils similaires à l’intention des investisseurs. L’Appel mondial à
l’action en faveur des droits fonciers autochtones et communautaires, une alliance d’organisations
communautaires et autochtones et d’ONG, déploie à son tour d’immenses efforts pour garantir les droits
fonciers partout dans le monde.

Ces différentes réussites mettent le monde sur la voie d’avancées majeures pour réduire le formidable
écart qui subsiste entre la surface des territoires appartenant aux communautés dans la pratique et celle
sur laquelle les gouvernements leur reconnaissent des droits.
RRI a donc établi une nouvelle cible : réduire l’écart de la reconnaissance, de façon à ce qu’au moins
50% des forêts du monde en développement soient légalement sous contrôle communautaire d’ici 2030,
conformément aux Objectifs de développement durable. Atteindre cet objectif va demander une ambition
considérable, une projection stratégique et une mise en œuvre à l’échelle appropriée par les organisations
internationales, les acteurs privés, les ONG, et les peuples autochtones et communautés locales.
La décennie passée a connu des avancées considérables. Mais 2016 sera l’occasion de mettre pour
la première fois à l’épreuve notre volonté de saisir ces nouvelles opportunités et de garantir les droits pour
la sauvegarde des forêts – pour les populations locales et pour notre planète.

Pour le télécharger, cliquez sur le lien suivant:

Combler-LEcart_RRI_Annual-Review-2016_Francais

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